Review - Homage to Billie Holiday |
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1997, May - magazine review …la formule du duo, exercice de haute concentration qui ne pardonne nulle fuite de présence ni chute de tension. Avec Franco D' Andrea il est tombé sur l'oiseau rare qui sait comme personne, avec humilité, délicatesse et précision, nouer et soutenir au piano le dialogue le plus intense. A preuve, les rencontres avec ces maîtres de la conversation que sont Enrico Rava, Phil Woods, Lee Konitz. Et aujourd'hui le clarinettiste Tony Scott. Il est venu dans le studio de Milan se souvenir à haute voix de son amie Billie Holiday. En introduction, dan le livret, il nous gratifie d'un long texte inédit, témoignage vécu, très émouvant des dernières semaines de Lady Day, abandonnée de tous, silhouette spectrale de quarante kilos qui attendait la mort comme une délivrance. Comme un fantôme bienveillant, lame de Billie semble planer tout au long de la séance. Et sous les doigts inspires du clarinettiste, la 'danseuse s'ébène' devient magiquement le prolongement naturel de sa propre voix. Dire que Tony Scott 'joue' dans ce Disque serait très approximatif. Il parle, rêve, chante, murmure, médite, hésite, chuchote, esquisse les mélodies chères a Billie en étirant le temps a l'extrême du soufflé. Il n'est, pour s'en convaincre, que écouter sa version de Body and Soul, dix-huit minutes d'improvisation libre, introduite au piano par quelques accords mystérieux dont seul Franco D'Andrea a le secret. |
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